
À Angers, les communicants publics dans les starting-blocks
Ce fut une grande réunion régionale : 80 communicants publics réunis dans la chapelle des Ursules, à l’hôtel de ville d'Angers le 25 mars dernier. Un très bon signal envoyé par ce territoire à l’adresse du réseau, à huit mois du prochain Forum Cap’Com.
La qualité de l’accueil, ce fut d’abord les mots chaleureux de François Lemoulant, directeur de la communication de la ville et d'Angers Loire Métropole, membre du Comité de pilotage de Cap’Com. Ce fut aussi la présence de ses collègues partenaires du prochain Forum Cap'Com : Amandine Blanchard-Schneider, directrice de la communication du département du Maine-et-Loire, et Maud Brétignière, directrice de la communication de la région Pays-de-la-Loire. Une implication communicative ! Puisque Julien Marie, directeur de la communication du département de la Mayenne, était lui aussi de la partie.
Deux autres membres du réseau sont intervenus :
- Fabrice Villechien, directeur de la communication des Ponts-de-Cé, membre du Comité de pilotage de Cap'Com et associé de la coopérative Cap’Com. Il a justement prononcé un plaidoyer militant et convaincant pour que les communicants publics rejoignent la coopérative ;
- Christian de La Guéronnière, associé de Cap'Com, membre du Comité de pilotage et directeur d’Epiceum, venu spécialement pour présenter le Baromètre de la communication locale qu’il a réalisé en 2024 avec Harris Interactive et le soutien de Cap’Com, de l’AMF et de La Poste.

Les présentations ont débuté avec un retour sur l’activité du réseau, présenté à deux voix par Andréane Lecarpentier, directrice adjointe de Cap’Com, et Yves Charmont, délégué général. Les échanges avec les communicants angevins venus en nombre, et même des départements limitrophes, furent denses et ont occupé la deuxième partie de cette réunion chaleureuse. Ces échanges se tenaient dans un monument impressionnant de hauteur et de solennité (mais il en fallait plus pour impressionner les communicants publics !). Voilà qui promet une belle édition 2025 du Forum, dans cette ville tournée vers les transitions, siège de l’Ademe, mais également riche historiquement et vivante, avec ses 42 000 étudiants.

Les échanges se sont concentrés sur trois actualités principales partagées par les participants : la distribution des journaux territoriaux imprimés, les restrictions budgétaires dans les collectivités territoriales et la communication pour les publics non francophones. Recueil de propos choisis.
Distribution des imprimés
« On parle de la distribution des magazines municipaux, mais de manière générale, de tout ce qui est en distribution en boîte aux lettres. »
« On est passés par un système en régie avec des agents. On a lancé une annonce en interne auprès de nos agents municipaux. Six agents se sont proposés et ont réalisé la distribution. »
« On a mis sur la table aussi l'idée de ne plus diffuser en boîte aux lettres. Je dirais que, dans la période de fin de mandat actuel, prendre cette décision semble être assez complexe à assumer. On explore tous les champs possibles. »
« On a pris le parti de faire appel à une entreprise de réinsertion professionnelle, pour capitaliser sur une structure qui compte sur le territoire, qui a un rôle social. »
« Moi, c'est la même chose. On est arrivés en fin de campagne du recensement. On a fait appel aux agents recenseurs, qui sont aujourd'hui mobilisés pour distribuer notre magazine. Ils connaissaient les rues par cœur, voire les boîtes aux lettres. Aujourd'hui, c'est une équipe de cinq agents recenseurs qui viennent à l'année. On a fait la première distribution, ça a fonctionné. »
Sobriété, baisse des budgets
« Dans une petite commune comme celle où je travaille, où on est un et demi au service communication (moi et une apprentie), on utilise beaucoup le système D. Et le système D, ça fonctionne très bien. »
« On n'a pas forcément les mêmes problématiques dans les petites villes ou les villages que dans les grosses métropoles. »
« Nous, on ne va pas se contenter de distribuer un flyer recto verso. On va réfléchir pour que ce soit un goodies à garder : une carte postale par exemple. Et du coup, ça fonctionne. Les gens le gardent et du coup, il y a plus de personnes qui le regardent. »
Nous avons pu constater, en questionnant les participants, que 20 % des collectivités représentées ont réduit la pagination, le format ou la périodicité de leurs publications.
Communication multilingue
« Nous, on a deux quartiers prioritaires avec une population mixte et finalement une problématique : beaucoup de personnes allophones (qui parlent une autre langue que le français). Comment toucher ces personnes ? »
« Aujourd'hui, on voit bien que l’information ne passe pas. On ne trouve pas les outils pour communiquer avec eux. Comment réussir à informer cette population avec laquelle on n'arrive pas à échanger ? »
« Pour l'instant, nous n’avons pas prévu d'aller vers une traduction de nos supports dans différentes langues. Mais on se demande si c'est cette solution-là ou si c'est plutôt trouver un autre vecteur de communication. »
« Dans de nombreux cas et sur beaucoup de sites, nous sommes confrontés à des enfants qui assurent la traduction de nos supports pour leurs parents. »